Les chiens de lecture

Les chiens de lecture

Et si la relation enfant-animal nous aidait à repenser l’éducation ?

En Finlande, des associations ont mis en place des programmes de « chiens de lecture » dans les bibliothèques et les écoles afin d’aider les enfants fâchés avec les livres. Les enfants lisent à haute voix une histoire à un chien visiteur, spécialement éduqué.  En présence de l’animal, les enfants sont plus motivés, concentrés et manifestent lors de ces séances une meilleure aisance en lecture.

De la même manière que la pédagogie Montessori s’est développée au départ au service d’un public d’enfants « à besoins spécifiques » pour s’ouvrir à tous les enfants, les résultats positifs et connus du lien enfant-animal dans le domaine de la thérapie peuvent être réinvestis dans le vaste champ de l’éducation.

Des chiens de mathématiques ?

Si la présence animale a une efficacité prouvée pour améliorer les compétences de lecture, la question se pose alors quant aux bienfaits dans les autres domaines d’apprentissages : grammaire, mathématiques … L’état apaisé dans lequel sont les enfants en présence d’un animal, devrait leur permettre d’aborder d’autres matières académiques de manière plus sereine. C’est ce que nous avons pu observer dans notre école.

Bianca, « chienne montessorienne » comme aiment le préciser les enfants, joue un rôle important dans la vie de la classe. Les enfants apprennent, lisent, conjuguent, découvrent, explorent et expérimentent avec la chienne : elle est leur partenaire de découvertes. C’est une relation simple où les enfants et elles se disent mutuellement bonjour le matin et se côtoient avec beaucoup de respect tout au long de la journée. D’ailleurs une des règles de vie de classe énoncées et écrites par les enfants est de « respecter le sommeil du chien ».

Quand ils en ressentent le besoin, ils peuvent aller à son contact pour gagner en assurance, pour se conforter durant un travail, pour faire le plein d’énergie entre deux apprentissages, pour s’apaiser lors d’un temps calme ou avoir un interlocuteur lors de moments de lecture.

Le chien est un lien qui permet également aux enfants de faire un apprentissage quotidien et naturel du « vivre ensemble » : les enfants sont plus ouverts aux autres.

Offrir un cadre d’apprentissage sécurisant

De nos jours les écoliers croulent sous les devoirs, les notes, parfois la pression parentale ou plutôt celle d’une société toute entière. Le programme scolaire agit comme un rouleau compresseur sur une grande majorité d’enfants. Certaines consignes sont vécues comme des « pièges » par les enfants qui avancent insécurisés dans les apprentissages.

Dans une société obsédée par la performance et les évaluations au détriment le plus souvent de l’épanouissement et du bien-être des enfants, il serait grand temps de repenser ce qui les anime véritablement. Les pays scandinaves cités sans cesse en exemple devraient être pour nous une réelle source d’inspiration. Chez eux, il ne s’agit plus d’initiatives isolées mais de programmes éducatifs à l’échelle de tout un pays.

En présence d’animaux, les enfants sont moins intimidés et stressés. L’animal contrairement à l’adulte ne juge pas.

Nul doute que les animaux peuvent être une aide pour de plus en plus d’enfants et d’enseignants. L’interaction enfant-animal nous permet de mieux comprendre l’enfant. Les animaux peuvent aider les enseignants à pratiquer une pédagogie concrète, réelle, active et vivante loin des activités arides, stériles et formatées des manuels ou des polycopiés. Ils peuvent aider les enfants malheureux à l’école à retrouver le plaisir d’apprendre.

 

Par Vanessa Toinet, directrice de l’école Montessori du Morvan et auteure de livres sur la pédagogie Montessori : http://ecole-vivante.com/pedagogie-montessori.html.

 

 

 

 

 

 

Elever des enfants curieux

La plupart des gens, et surtout les parents, disent apprécier la curiosité de leurs enfants. Tous les parents voudraient que leurs enfants soient curieux, créatifs et imaginatifs. Ces qualités restent-elles pertinentes dès lors que nous prenons en compte les comportements des enfants attendus par leurs parents ?

Voici cinq qualités que presque tous les enfants curieux possèdent : la curiosité, l’imagination, l’inventivité, l’élan du test, l’intrépidité. Tous les jeunes enfants ont ces qualités. Pourtant, au fur et à mesure qu’ils grandissent la plupart deviennent un peu moins inventifs ou un peu plus craintifs. Pourquoi ? Que pouvons-nous faire pour éviter cela ?

Des enfants chercheurs

Les enfants curieux aiment poser des questions, des tas et des tas de questions. Tous les parents le savent. Avant que mes enfants commencent à poser des questions, je me souviens d’avoir songé combien ce serait amusant quand ils le feraient. J’imaginais alors nos conversations profondes et l’apprentissage qui en découlerait.

Eh bien, ce n’est pas toujours comme je l’avais imaginé. C’est vrai, il y a eu beaucoup, beaucoup de fois où j’ai aimé répondre à leurs questions. Leurs questions nous ont amenés à parler de tant de sujets différents insoupçonnables pour un si jeune âge ! D’un autre côté, je n’étais pas assez préparée pour TANT de questions –les unes après les autres, après les autres. C’est carrément épuisant !

Mais il est impossible d’étouffer ces questions sans étouffer aussi leur curiosité. Il peut y avoir des moments où je dois dire à mes enfants que j’ai besoin de faire une toute petite pause, mais j’essaie ensuite de toujours revenir en arrière et de leur demander s’ils ont d’autres questions, d’autres sujets dont ils ont besoin de parler. Plus les enfants se sentent libres de poser des questions quand ils sont jeunes, (sans peur que quelqu’un leur demande de s’arrêter ou ne se moque d’eux), plus ils se sentiront libres de poser des questions difficiles ou de demander des conseils lorsqu’ils seront plus âgés.

Prenez au sérieux les questions de vos enfants. Ils VOUS demandent une réponse. Je vois souvent des gens qui essaient de transformer les questions en d’autres questions pour que les enfants y répondent ou de les transformer en « moments d’enseignement», du type leçon sur le sujet. Si vous avez posé une question à quelqu’un, comment voudriez-vous qu’il vous réponde ? C’est ce que j’essaie de garder à l’esprit quand mes enfants me posent des questions.

Des enfants imaginatifs

Les enfants curieux ont généralement l’imagination profonde et fertile. Ils se posent des questions à eux-mêmes et pensent à toutes les façons possibles de répondre à ces questions. Très souvent, les écarts de conduite des enfants correspondent à une envie de tester une idée qui vient de leur imagination. Des questions comme : à quoi cela va ressembler, ou qu’est-ce qui va se passer si je fais cela, sont très importantes pour de jeunes enfants.

Les écoles disent attribuer de la valeur à l’imagination, mais l’imagination réelle ne peut se limiter à l’écriture ou au fait de raconter une histoire intelligente, de faire semblant de jouer pendant le temps de récréation ou même d’imaginer des façons de résoudre des problèmes de mathématiques ou de sciences (si toutefois c’est encouragé).

Que faire si un enfant imagine ce que ce serait de voler dans les airs ?  Lui serait-il permis de rêver à ce qui pourrait arriver ? Lui serait-il permis de dessiner des machines volantes pendant des heures … dans le style Léonard de Vinci ou de rêver d’un avenir où les êtres humains pourraient voler ou se téléporter eux-mêmes ? Il ne sera probablement pas à même de comprendre comment ça vole ou comment fonctionne le faisceau pour se téléporter dans un autre monde, mais il va explorer de nouveaux sujets et apprendre toutes sortes de choses amusantes. Plus important, il saura que son imagination est très appréciée et ne se limite pas à des sujets « appropriés ».

Des enfants inventifs

Les enfants curieux veulent faire de leur imagination une réalité concrète. Je pense que la plupart des enfants sont des petits inventeurs. S’ils y sont autorisés, ils inventent leur propre façon d’apprendre à marcher et à parler, de sortir de leur lit (à condition qu’ils dorment dans un lit), de lire, de résoudre des calculs et bien plus encore lorsqu’ils seront plus âgés.

C’est seulement lorsque nous, adultes, intervenons et imposons la « bonne » solution que cette inventivité naturelle disparaît progressivement. Certains enfants gardent cette qualité à l’âge adulte, ils deviennent généralement des inventeurs professionnels, des ingénieurs, des scientifiques, et ainsi de suite. Mais beaucoup plus de personnes seraient inventives et créatives dans leur vie quotidienne si elles n’avaient pas été convaincues que seuls les « experts » ou tous ceux qui ont des diplômes ou des certificats ont les bonnes solutions.

Des enfants testeurs

Les enfants curieux aiment « patouiller ». Je connais pas mal de gens qui pensent que le désordre et la curiosité ne doivent pas aller de pair. Je ne peux pas être plus en désaccord. Pour savoir comment les choses se passent, il faut pouvoir expérimenter et affronter les éventuels dégâts. Les jeunes enfants ont particulièrement besoin de faire leurs expériences.

Croyez-moi, ce n’est pas toujours une chose facile à retenir. En tant que parent, cela signifie souvent beaucoup plus de travail de négociation. Et parfois, cela peut être incroyablement frustrant. Mais, qu’on le veuille ou non, l’imagination et les dégâts vont de pair. Ma théorie est la suivante : plus l’enfant a de l’imagination, plus grands sont les dégâts qu’il va faire.

A deux ans, mes jumeaux ont emporté une tablette de beurre à l’étage et ont enduit la totalité de la chambre : les murs, les portes, les tapis et les fenêtres. Est-ce que j’ai été très heureuse de cette merveilleuse imagination à l’époque ? Non, ma première pensée a été de crier à cause de tout le travail que j’avais devant moi. Mais, je suis contente de ne pas avoir immédiatement hurlé et de ne pas les avoir « punis » à cause de leur curiosité. En plus, c’était des jumeaux !

Au lieu de cela, comme nous avons nettoyé la pagaille ensemble, nous avons parlé du beurre, d’où il provient et comment il peut tacher ; nous avons parlé de la façon dont les gens font parfois des sculptures en beurre, et, oui, nous avons aussi parlé de la façon dont ce n’est pas une bonne idée de l’étaler sur les murs ou n’importe quoi d’autre sans demander à maman et papa en premier.

Une autre fois, ils ont pris vingt-quatre bouteilles d’eau et les ont déversées dans un évier. Encore une fois, ils étaient petits et curieux de savoir ce qui se passerait. Dans ces cas, vous avez un choix à faire. Vous pouvez hurler et punir. Ou anticiper leur curiosité et leur fournir d’autres moyens de tester leurs théories qui ne causeront pas de dommages aux biens ou aux personnes.

Des enfants sans crainte

Les enfants curieux sont audacieux. Si vous avez peur que quelqu’un se moque de vos questions, vous aurez peur d’en poser. Si vous êtes limité dans la façon d’exprimer votre imagination, vous aurez peur d’imaginer quelque chose de plus grand et de plus imposant. Si vous êtes puni pour avoir créé du désordre, vous aurez peur de créer et d’inventer.

Les enfants qui sont encouragés à être curieux n’ont peur de rien. Je ne veux pas dire qu’ils n’ont pas les craintes et les inquiétudes naturelles, mais ils n’ont pas peur d’être forts, audacieux et expressifs. Ils ne sont pas préoccupés par l’insécurité et l’opinion des autres. Nous avons besoin de plus de curieux dans ce monde, des gens qui ne s’arrêtent pas automatiquement au dernier mot des autres. Les enfants intrépides, courageux se transforment en leaders, inventeurs, artistes et adultes compatissants qui résolvent des problèmes.

D’après l’article paru en anglais sur le blog “Interest-led learning » de Christina Pilington le 28/05/2011.

http://christinapilkington.com/

La puissance des « dys » ou les talents cachés des enfants

Faire confiance

Ce n’est pas parce qu’un enfant ne « peut » pas accomplir un travail scolaire, qu’il n’est pas doué pour la matière qui le met en difficultés. Dans un milieu porteur qui encourage la pédagogie active, tous les enfants peuvent réaliser un travail (« leur » travail) qui va bien plus loin que nous ne l’aurions espéré.

Cette lettre d’un enfant cumulant des « dys » montre à quel point on peut avoir des difficultés avec le langage mais aimer jongler avec les mots. Il s’agissait de participer à un concours. Théo a mis tant d’énergie à ce travail, à chercher du vocabulaire et des informations, à peaufiner ses phrases, à se mettre dans la peau du personnage, qu’il a gagné le prix spécial du jury. Il a joint une version manuscrite de sa lettre, sa première lettre malgré des difficultés d’accès au langage écrit.

La lettre de Théo

LETTRE D’UN MAQUISARD / Concours organisé par le Musée de la Résistance de St Brisson

A Saulieu, le 7 juin 1944

Cher Louis,

Je t’écris depuis l’église de Saulieu, où on se canfouine en haut du clocher pour voir où sont les Boches. Ils nous ont envoyé de ces cigares, énormes, et à notre tour, on leur a renvoyé des obus. Un sacré marmitage !

Depuis ma planque, je vois toutes les maisons se faire bombarder, les routes sont devenues un champ de mines, trop dangereux… Dès qu’un cigare arrive, tout explose. L’église est en piteux état, les bancs sont détruits et notre Jésus planté en haut de l’autel a bien du mal à nous protéger. L’oratorium s’est cassé la margoulette !

J’ai dégommé les gaspards à la mitraillette lourde, ils venaient me piquer ma nourriture, qui n’était déjà pas terrible, on a mangé des musiciens en boîte, comme chaque jour. Si tu savais comme je rêve d’un petit caoua, bien tranquille !

Au fur et à mesure que j’écris cette bafouille, les Allemands se calment. Dès que j’aurai fini de t’écrire, je pousserai deux ou trois coccinelles au fossé avec ma Traction, pour ne pas que les Boches puissent redémarrer, et je mettrai un peu de sucre dans leurs réservoirs à essence. Je dois me dépêcher avant qu’une beurrée arrive, je vois déjà des nuages noirs arriver.

Est-ce que pour toi la guerre n’est pas trop dure ? Toi qui es en Normandie, peux-tu me dire si le débarquement s’est bien passé ? C’est le jour J, et j’ai la treuffe, car je sais que nous allons enfin nous faire aider. Cette guerre sans fin est en effet terrible, et ça devient de plus en plus dur pour trouver de la nourriture. C’est pour ça que j’ai quitté le maquis, afin de trouver refuge dans l’église. Jusqu’à aujourd’hui, j’étais en planque en lisière de forêt, près de la montagne de Bard.

Il me semble voir la Gestapo arriver, je te laisse, en espérant que l’aéropostale te transmettra bien ma lettre.

Vivement la fin de la guerre, qu’on puisse se revoir !

Ton fidèle ami,

Léon

Article de Vanessa Toinet

L’après Montessori

Le grand plongeon

Mes enfants ont passé toute leur enfance dans une école Montessori. Il y a une semaine, ils ont fait le grand plongeon : une rentrée dans un collège public.

Ce changement provient tout d’abord de la volonté de notre fille aînée.  Les petits effectifs d’une structure alternative ne la satisfaisaient plus. Il lui fallait élargir son cercle d’amis.

Maria Montessori avait une jolie expression pour décrire le jeune enfant : c’est un être « à la recherche de sa forme ». Nos adolescents, eux, sont à la recherche de leur contour.

En revanche, nos interrogations concernant cette transition penchaient toutes du côté de notre fils, 11 ans, car ce n’était pas du tout sa demande première de découvrir un nouvel environnement. Après des jours et des nuits de réflexion, nous nous sommes dit que pour prendre le train du collège en route, il serait peut-être préférable qu’il entame son collège dès la 6ème lorsque tous les enfants découvraient ensemble leurs nouveaux repères.

Le doute était d’autant plus grand que dans un cursus Montessori, l’enfant de 11 ans a encore toute sa place dans une ambiance multi-âges 6 -12 ans. Il y aborde tranquillement les contenus d’enseignement allant plus ou moins jusqu’au niveau de 5e du système traditionnel, tout en restant dans l’univers sécurisant et stimulant de l’environnement préparé, plus adapté à son développement affectif. Ce n’est pas l’âge précisément qui est pertinent mais le stade de développement de l’enfant.

C’est un des grands paradoxes des enfants précoces qui manifestent souvent un décalage entre le développement intellectuel et émotionnel. Même avec 2 ou 3 ans d’avance, ils restent avant tout des enfants.

C’est ce que j’avais pu effectivement observer : les élèves de 6ème sont en pleine année charnière. A la rentrée de septembre, ils ne sont pas tout à fait mûrs pour ce nouvel environnement et pour supporter un rythme soutenu. Le soir, de retour chez eux, ils apprécient encore les jeux d’enfants du primaire.

Le bus comme source de motivation

Loin d’être un détail, prendre le bus en toute autonomie a été leur première motivation. Rien de surprenant, jusque- là, pour des enfants ayant suivi une scolarité montessorienne où l’autonomie est au cœur de la démarche pédagogique.

Un PAI (Projet d’Accueil Individualisé) pour des besoins vitaux

J’ai reçu un appel téléphonique de l’infirmière qui m’a proposé de mettre en place un PAI informant tous les professeurs du besoin de notre garçon de boire à volonté et d’aller aux toilettes librement. Elle souligne qu’il est important de mettre toutes les chances de son côté pour une bonne scolarisation. J’étais à la fois soulagée par cette prise en charge du bien-être de mon enfant mais aussi perplexe que les besoins vitaux des autres enfants ne puissent pas être automatiquement satisfaits s’ils ne le signalaient pas.

Cette prise en compte des besoins vitaux de nos enfants est la force de proposition des écoles dites « alternatives ». C’est toujours cette vérité qui sort en premier de la bouche des enfants qui ont connu la différence entre les deux types écoles.

De l’innovation dans le public

Le jour de la rentrée, notre fille est arrivée à la maison avec une annonce étonnante : son voyage en Norvège avec sa classe pour aller sauver les petits renards polaires ! Une continuité pédagogique inespérée et cohérente pour des enfants ayant passé toute leur scolarité de primaire dans une école en pleine nature et très « verte ».

Quant à notre fils, il se retrouve dans une classe de 6ème bilingue à petits effectifs, un vestige de toutes les réformes passées. Sa classe de 6ème n’est pas soumise aux notes. Ses professeurs travaillent ensemble pour alléger le poids des cartables et se lancent dans l’aventure collégiale d’une ruche pour créer un lien dans leurs cours.

A l’heure actuelle, opposer l’école publique et l’école privée pour ce qui est de l’innovation me semble un faux débat dès lors que l’enfant peut se construire dans un environnement soucieux de sa réceptivité aux apprentissages.

Pour l’anecdote, notre fille adôôore l’agréable sonnerie de son collège qui ne retentit plus en un son affreux comme nous avions tous connu.

Ce que les enfants ont cultivé en Montessori

Nos enfants ont gardé de leurs années Montessori ce bel élan et une forte disponibilité aux apprentissages. Je vous avouerai tout de même que leur compréhension et leur analyse du pourquoi de certaines consignes s’apparentent encore parfois au décodage d’une langue étrangère. Mais c’est un casse-tête qu’ils aiment résoudre.

C’est cela la force des enfants qui ont pu se construire au sein d’une ambiance favorable à leur épanouissement : être capable de déployer des ressources insoupçonnées grâce à une confiance en leur capacité à trouver des solutions.

Vanessa Toinet. Auteur de Montessori Pas à Pas  et Montessori : Quand les enfants commencent après 6 ans. Editions Ecole Vivante

Une rentrée qui dépote : quel terreau pour les apprentissages scolaires ?

L’enfant et la plante

Les enfants sont des êtres en plein développement qui ont besoin d’une nourriture intellectuelle correspondant à leurs propres besoins.

Chaque nouvelle rentrée scolaire dans une classe supérieure traditionnelle correspondrait à un dépotage d’enfant pour un rempotage dans un pot plus grand dans lequel toute jeune pousse doit trouver une terre nouvelle et surtout plus riche.

La culture d’une plante demande une prise en compte précise de ses besoins biologiques. Il devrait en être de même pour les enfants. Leur éveil et leur éducation devraient prendre en compte LEUR programme de développement, leurs véritables besoins.

Maria Montessori avait observé les conditions optimales pour un développement harmonieux des enfants. L’observation scientifique des manifestations spontanées des enfants a révélé « le secret de l’enfance* » et cela sans avoir besoin d’entrer dans leur cerveau.

Semer de la graine de curieux

Le manque de concentration et d’attention des élèves en classe contraste avec la curiosité naturelle et remarquable des enfants.

C’est un constat implacable que font en majorité les enseignants en charge de classes mono-âge. D’où cela vient-il ?

  • L’élan de la rentrée et de la nouveauté (nouveaux amis, cartable, agenda …) fournit une belle énergie qui, reconnaissons-le, ne se poursuit pas à proportion du poids du cartable, de la répétition des consignes scolaires arides, du rythme des devoirs sans oublier la pression familiale.
  • La présence obligatoire des enfants est physique mais leur esprit est ailleurs … Un jeune garçon de maternelle avait même déclaré à sa maîtresse « Mon esprit est ailleurs et il ne reviendra pas ! ».
  • L’imagination enfantine déborde des lignes des cahiers, du format standard A4 des polycopiés, des cases à réponses prémâchées, des programmes bien définis et donc limités.
  • Les enfants aiment questionner, explorer, expérimenter pour apprendre.
  • Parmi les difficultés ordinaires formulées par des enseignants démunis arrivent en première place les difficultés d’incompréhension, et ce à de multiples niveaux (français, mathématiques …).
  • Les consignes scolaires sont parfois opaques ou imprécises dans leur formulation (car implicites) ou dans leur forme (ex : pas assez de place pour écrire la réponse). Situation d’autant plus absurde alors qu’on exige des enfants une restitution de leurs connaissances, de la précision, une bonne gestion de l’espace …
  • Les élèves qui « bloquent » sont souvent ceux qui refusent de marcher sur un terrain piégé où leur intelligence et estime de soi sont directement menacées.
  • Nos enfants ont besoin d’activités porteuses de sens POUR eux et surtout de BON sens.

Eliminer les mauvaises herbes (les leçons parasites)*

Les leçons parasites révèlent une réalité scolaire tabou : ce sont toutes les leçons que nos enfants apprennent malgré eux dans un système éducatif coercitif où la peur de la punition et de l’erreur associée à la compétition génère des comportements sociaux déviants comme la délation, la tricherie, le fait de ne pas aider son voisin, le manque d’initiatives …

Un engrais naturel

L’entraide entre enfants est un formidable « engrais ».

Mêler cette joyeuse énergie coopérative à une salle de classe apporte une valeur ajoutée qui bénéficie à tous (enfants et enseignants).

Il n’y a pas que le seul tutorat organisé et immuable tout au long de l’année. Les binômes les plus improbables peuvent apporter des collaborations étonnantes.

Non seulement les enfants apprennent autrement et parfois mieux mais surtout ils s’enrichissent mutuellement de leurs personnalités uniques et donc de leurs différences.

Un enfant dit « lent » devra s’ajuster au rythme d’un enfant plus rapide ; un enfant peu intéressé par la géographie y trouvera un intérêt grâce à la passion pour les pays d’un autre enfant ; un enfant manuel apportera son sens pratique à un autre enfant.

La motivation des enfants est le meilleur terreau sur lequel pourra pousser la semence précieuse de la graine de curieux.

« On ne tire pas sur la salade pour la faire pousser ».

  • Titre d’un ouvrage de Maria Montessori
  • L’expression des « leçons parasites » a été développée par Trevor Eissler, auteur de « Montessori c’est fou » (ecole-vivante.com).

Vanessa Toinet

Educatrice (AMI) et directrice d’une école Montessori. Auteure aux éditions Ecole Vivante, entre autres, de Montessori : Quand les enfants commencent après 6 ans.

La méthode naturelle d’apprentissage de la lecture

Ce texte émane de mes très heureux souvenirs d’enfant à l’école Freinet. Sylvia Dorance

Partir du texte des enfants

Nous étions tout un petit paquet, debout devant le tableau, certains se tenant par le cou ou la taille, d’autres sautillant d’un pied sur l’autre d’excitation, d’autres encore sur la pointe des pieds ou même, pour les plus petits, perchés sur des chaises, tendus vers le texte écrit en très gros et en lignes bien espacées, sur une grande affiche bleue. Nous avions tous le nez en l’air car l’Education nationale posait les tableaux trop haut. Madame avait pourtant essayé de palier l’inconvénient en punaisant le plus bas possible ce qui captait notre attention du jour.

Le texte affiché, c’était celui de l’un d’entre nous, écrit librement pour raconter un événement sans doute très fort puisqu’au vote du matin il avait fait l’unanimité. La grand-mère de Laurent avait plongé comme un joueur de rugby, tout tablier en avant, pour capturer un lapin sauvage qui s’attaquait à ses carottes. Martine avait reçu un fossile d’ammonite envoyé par son cousin (le fossile en question trônait sur une table dans un coin de la classe, promesse de toutes sortes de manipulations, recherches, dessins). Les pompiers étaient venus chez Hervé pour emporter son grand-père à l’hôpital : Hervé balançait entre la tristesse pour le grand-père et le bonheur pour le camion rouge. La fontaine du village coulait plus fort que d’habitude et Sylvie faisait des rêves de navigation échevelée. Les textes libres ! Une mine. L’élue du jour, c’était la grand-mère rugbywoman.

Collaborer pour apprendre

Luc et Louise avaient reconnu la première lettre de leurs prénoms respectifs ici. Et là, et là. Pierre avait remarqué qu’à cet endroit précis, c’était bien un L, mais qu’il n’était pas en majuscule comme pour Luc et Louise. Chacun avait alors cherché SA lettre. On avait aussi repéré toutes les majuscules. Celles qui marquaient des débuts de phrases car elles étaient précédées d’un point. Et les autres. La structure du texte se dévoilait progressivement. Au fur et à mesure, Madame entourait ce que le groupe de mini-détectives avait ainsi découvert de connu. Petit à petit, l’affiche se couvrait de cercles, de flèches reliant des lettres, des syllabes ou des mots « pareils ». Puis elle posait des questions sur les mots presque entièrement lus. A la fin, le groupe arrivait à lire tout le texte, dans l’ordre, et avec tout son sens.

Qui avait lu quoi ? On ne s’en occupait pas. Qui savait mieux lire que d’autres ? Personne ne s’en souciait. Qui n’avait pas ouvert la bouche mais seulement écarquillé les yeux et les oreilles pour préparer son propre plongeon dans la lecture, un jour prochain ? Nul n’y avait fait attention. Le groupe avait lu. Et tous savaient ce qui était écrit. Chacun comprenait très bien que les lettres représentaient les sons de nos paroles, qu’ensemble elles formaient des mots qui voulaient dire quelque chose, et que ce texte, si nous le laissions de côté jusqu’au lendemain ou même l’année prochaine, nous permettrait de retrouver exactement la même histoire car il était un moyen de la conserver et de la transmettre.

Le rôle de l’enseignant

Bien sûr, Madame avait repéré au passage les avancées ou les difficultés de tel ou tel enfant, ce qui lui permettrait, lors des travaux individuels, d’adapter à chacun ses conseils et ses pistes de travail. Elle gardait le cap de la progression de chaque enfant. Elle gardait la trace, sur ses tableaux de suivi, de chaque nouvelle acquisition individuelle. Mais c’est par la coopération et l’émulation que le groupe tout entier avançait dans l’apprentissage de la lecture, comme un petit train plein d’énergie, tiré par les plus à l’aise et remorquant ceux qui n’en étaient qu’aux premières découvertes. Nous aimions apprendre à lire. Il n’y avait aucun stress, aucune fierté particulière, aucune humiliation non plus, aucune compétition. Nous ne nous occupions que du seul but qui importe dans l’apprentissage de la lecture, comme dans celui de la parole ou de la marche : découvrir, comprendre, apprendre, maîtriser, et enfin jouir des immenses possibilités offertes par cette nouvelle compétence.

Améliorer la société

Cette coopération s’exerçait dans tous les domaines. Elle est l’un des points forts de la pédagogie Freinet mais est aussi encouragée dans d’autres pédagogies actives. Il ne s’agit pas d’une coopération imposée par des leçons de morale mais suggérée et vécue quotidiennement, agréablement, sans qu’il soit besoin de la théoriser. Elle s’applique dans le tutorat d’un enfant avec un plus jeune ou un moins talentueux dans un domaine précis, qui peut à son tour apporter son soutien dans un domaine où il excelle. Les enfants apprennent aussi très vite que la coopération permet de réaliser des tâches insurmontables seul ou de parvenir à un résultat bien plus riche et abouti que lorsqu’on réfléchit isolé. Ils vont naturellement demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin, gagnent du temps, comprennent plus vite. Ils deviennent plus conscients des autres, plus empathiques, plus simplement généreux et partageurs.

Vous imaginez la société qui résulterait d’une telle éducation si elle concernait non pas de petits groupes mais tous les enfants, génération après génération ? Sans faire d’angélisme, le simple bon sens permet de comprendre que, par exemple, la vie des entreprises en serait transformée. Le partage des biens et des services aurait forcément une tout autre allure. L’open source serait une évidence. La juste répartition des responsabilités et l’équilibre des rémunérations aussi.

Voir aussi  :

https://ecole-vivante.com/pedagogie-freinet.html

Apprentissage de la lecture : ne pas se laisser décourager

Le bel élan vers la pédagogie active

J’ai récemment rencontré de nombreux enseignants de maternelle et de primaire qui se lançaient dans la pédagogie active depuis un an ou deux (ou plus !) et se disent aujourd’hui découragés. Ils (et surtout elles, d’ailleurs) commençaient à s’engager dans la pédagogie Montessori avec enthousiasme, en se formant comme ils pouvaient, à leurs frais, en fabriquant souvent le matériel eux-mêmes. Le ministre qui avait soutenu la démarche montessorienne de Céline Alvarez, dont on connaît les résultats, ne parle plus de Montessori ou de former les enseignants débutants à la pédagogie active. Encore moins de formation continue pour les enseignants en poste. Il ne faut pas baisser les bras pour autant !

Montessori, Freinet… et Blanquer : compatibles

L’accent mis par le ministre sur le syllabique ne doit pas faire oublier que la combinatoire syllabique est bien entendu incluse dans les démarches de Montessori et Freinet. Ce qui est refusé, c’est de ne faire que ça, parce que ça n’a pas de sens.

En Montessori, on commence par travailler sur les sons, puis on identifie la façon de les transcrire en s’attachant à la découverte sensorielle des symboles : un son/une ou plusieurs lettres, pour que l’enfant comprenne bien que l’écrit est la représentation de l’oral. Et on passe bien vite au travail sur des mots qui ont un sens (dictées muettes, écriture de textes grâce aux lettres mobiles, avant même que l’enfant sache écrire). L’enfant a toujours conscience que le but de l’écrit est de s’exprimer, de dire quelque chose. Lire, c’est comprendre. Et pas seulement déchiffrer. Voir ici la chronologie du matériel montessorien de langage*.

Un enfant apprend à reconnaître les lettres par rapport aux sons. (Montessori)**

En Freinet, la méthode naturelle engage les enfants à reconnaître des lettres, des syllabes dans les mots et des mots entiers, à les mémoriser, à les recombiner et à les réutiliser dans la lecture et dans l’écriture d’autres mots, toujours plus nombreux. Là aussi le but est toujours le sens et la combinatoire syllabique n’est que l’un des moyens. En Freinet, on apprend à lire comme on apprend à parler ou à marcher : en pratiquant, en faisant des tentatives et des expériences passionnantes parce qu’elles sont toutes des défis à relever. On invente des textes, on les écrit, on les lit. Pour le plaisir ou pour transmettre un message. Et au passage, on apprend.

Lecture collective de la lettre des correspondants (Freinet)

Continuez à aller de l’avant !

Il n’est donc pas question d’arrêter le bel élan. C’est vous qui avez raison ! C’est en enseignant d’une façon qui intéresse les enfants que l’on parvient à les faire progresser et se développer de façon heureuse et harmonieuse. C’est en leur montrant le plaisir qu’il y a à découvrir des textes utiles, inspirants, amusants, émouvants, qu’on leur donne le goût de la lecture. Pas en leur faisant répéter bêtement, à moitié endormis, des syllabes qui n’ont aucun sens. C’est vous qui avez raison.

* Extrait de Montessori Pas à Pas Langage 2-6 ans

** © Céline Alvarez

Ecole publique, Ecoles privées, Homeschooling et… Ecole Vivante

La défense de l’Ecole publique

L’Ecole publique, lorsqu’elle est bien conçue et réellement soutenue par l’Etat, est selon nous le meilleur système. Il suffit de voir ses résultats en Finlande pour s’en convaincre. Elle est performante,

– lorsque les écoles sont petites et peu éloignées du domicile des enfants (ce qui évite la fatigue et diminue les possibilités de violence, de racket, de harcèlement, et rend plus facile le contact fructueux entre les parents et les enseignants),

– lorsque le nombre d’élèves par classe est raisonnable (ce qui permet aux enseignants de bien s’occuper de chacun),

– lorsque ses locaux sont agréables et fonctionnels,

– lorsque les enseignants sont bien formés, en particulier en pédagogie et, surtout, en pédagogie active,

Une école publique Freinet, en France

–  et enfin lorsque les enseignants sont valorisés par l’Etat, par les médias, par la population et lorsqu’ils sont bien rémunérés.

Elle est démocratique car gratuite et, si elle est telle que nous l’avons décrite plus haut, elle permet d’effacer un peu les inégalités sociales pour donner à tous les enfants les mêmes chances de réussite.

La tentation du privé et du Homeschooling

Or depuis des décennies, sans le dire mais de façon évidente, quelle que soit leur appartenance politique, les gouvernements successifs se désengagent de l’Education, diminuent les crédits et la formation, aussi bien quantitativement que qualitativement, ferment des écoles, investissent moins dans des travaux de modernisation, laissent des situations empirer. Le métier d’enseignant du public devient de plus en plus difficile et pénible. Le résultat, c’est une école publique moins performante, qui laisse sur le côté un trop grand nombre d’enfants et qui est parfois même dangereuse pour certains. Dans ce contexte, il est tout à fait logique que des parents hésitent à y mettre leurs enfants. Ceux qui ont les moyens se tournent vers des écoles privées. Ceux qui ne peuvent se le permettre pensent à la solution de l’instruction en famille. Or la première solution n’est réservée qu’à une petite frange de la population et la seconde oblige les mères à renoncer à exercer un métier et à une vie à l’extérieur de la famille pour se consacrer uniquement à leurs enfants.

Quand les enfants choisissent leurs activités…

La position d’Ecole Vivante

Notre préférence va… au bonheur des enfants ! A leur développement harmonieux aussi bien sur le plan physique qu’intellectuel, psychologique et social. Voilà pourquoi nos livres défendent et soutiennent la pédagogie active. Qu’elle soit pratiquée dans le public, dans le privé, à l’école ou à la maison. Nos livres sont destinés à tous ceux – parents, enseignants, éducateurs, psychologues, orthophonistes – qui s’investissent dans une éducation dont le seul but est l’épanouissement des enfants. Parce que les enfants sont l’avenir et qu’en les aidant à devenir des personnes responsables, équilibrées, généreuses, engagées, ouvertes, curieuses, actives… on prépare une meilleure société pour demain.

Quelques clichés contre Montessori

Une « nouvelle méthode » qui date du début du XXe (sic)

Je viens de lire un article (que je ne citerai pas – inutile d’en parler plus) qui constitue un condensé si copieux et haineux des clichés contre Montessori qu’il me semble une occasion parfaite de les réfuter un par un.Le premier, éculé mais toujours vivace, s’étonne qu’on appelle moderne une méthode qui date de plus d’un siècle. Ce qui est curieux, c’est que les gens qui pensent cela sont souvent ceux qui voudraient que l’on revienne… à l’école de Jules Ferry (devoirs, notes, classements, punitions, apprentissages par cœur…). Or, justement, vouloir supprimer toutes ces entraves inutiles pour permettre le développement harmonieux et autonome de l’enfant au lieu de l’inhiber et de le brimer… oui, c’est moderne !

L’école Montessori ne fonctionne que pour les enfants doués ou pour les déficients (sic)

Commençons par la contradiction inhérente à la formulation : n’est il pas étrange qu’une pédagogie fonctionne aussi bien pour les enfants à haut potentiel et pour ceux qui ont des difficultés si, justement, elle ne fonctionne pas pour tous ? Ce que cette phrase souligne surtout, c’est justement le fait qu’en tenant compte des particularités de chacun et en s’y adaptant, la pédagogie Montessori évite que l’on laisse sur la touche tous ceux qui ne sont pas absolument dans la « norme ».  Et d’ailleurs qu’est-ce que cette norme et qui la définit ? Et sur quel critères ?

Elle est dangereuse pour les autres (sic)

Dangereuse parce qu’elle les laisse libres.

L’auteur de l’article s’affole à l’idée de ces enfants à qui on n’impose rien et qui, forcément, vont en profiter pour se vautrer dans l’indolence et la paresse.C’est avoir une vision bien négative des enfants. C’est aussi se tromper lourdement : il suffit de passer quelques heures dans une école Montessori pour se rendre compte du fait que non seulement les enfants travaillent mais qu’en plus ils le font volontairement et avec plaisir.

Et c’est justement quand on les laisse libres de faire un travail qui a du sens qu’on leur donne l’occasion de devenir volontairement actifs à l’école et, plus tard, dans la vie, sans avoir besoin d’un gendarme à leur côté.

L’école ne peut se permettre d’attendre des années pour qu’un enfant apprenne à lire et calculer, et juste, travailler (sic)

Lorsqu’on sait à quel point le forçage est peu productif pour la plupart et nuisible pour un certain nombre, cette phrase fait rire. Mais rire jaune quand même ! Cette école qui n’a pas la capacité (ou la patience) d’attendre, échoue si bien qu’elle prive notre société et l’avenir de notre pays de toute une partie de ses forces vives.Au lieu de laisser à ceux qui en ont besoin le temps de s’épanouir à leur rythme pour qu’en fin de compte chacun puisse entrer de plain pied dans une vie active et créative pour le bien de tous, elle fonce bille en tête vers le mur sans se soucier des dégâts.

Belle réussite !

Les contraintes sociales sont des biens précieux pour nous apprendre à vivre ensemble (sic)

Sous-entendu : les écoles Montessori sont bien trop agréables pour préparer (armer !) les enfants à l’horreur de la vie qui les attend ensuite : compétition, égoïsme, avidité, envie de pouvoir… que sais-je ? Autrement dit : Puisque dans la vie, on prend des coups de marteau sur la tête, autant commencer le plus tôt possible. C’est inepte. D’abord parce que si la société est réellement aussi mauvaise, on ferait mieux de commencer par essayer de la réformer… en éduquant mieux les enfants pour qu’ils deviennent des adultes moins égoïstes, moins avides, etc.

Ensuite parce que, justement, c’est en donnant confiance aux enfants et en leur apprenant le dialogue qu’on les prépare à vivre en société de façon équilibrée, indépendante, ouverte.

Bien choisir un cadeau Montessori

Le matériel montessorien : des jouets ?

On voit ici ou là, à l’approche de Noël, vanter les mérites de tel ou tel cadeau montessorien.

Une précision importante : les éléments du matériel de la pédagogie Montessori ne sont pas des « jouets », au sens où, si l’enfant s’en sert sans qu’on lui ait montré la façon de l’utiliser, il passera à côté des apprentissages liés à chaque matériel et s’en lassera vite. Autant lui offrir une boîte de cubes ou une poupée.

De plus, le matériel montessorien est chronologique. C’est-à-dire qu’il correspond à des âges approximatifs et qu’il demande parfois des pré-requis.

Faut-il donc renoncer à donner du matériel Montessori à Noël ? Non, bien sûr, mais en choisissant bien.

Comment opérer un choix ?

Tout d’abord, vous trouverez ici une chronologie d’utilisation du matériel de Vie pratique et Vie sensorielle pour les 2-6 ans : chrono-ecole-vivante.pdf D’autre part, voici ce que nous vous conseillons de préférence :

    • Pour un enfant de 2 à 3 ans : Le tiroir de géométrie n°1, les boîtes de couleurs n° 1 et 2.
    • De 3 à 4 ans : La tour rose, les emboîtements cylindriques, les tiroirs de géométrie, le cube du binôme, les lettres rugueuses.
    • De 4 à 5 ans : La boîte de couleurs n° 3, les triangles constructeurs.
    • De 5 à 6 ans : La table de Pythagore, le cube du trinôme.

Le matériel Montessori : des outils pour des apprentissages heureux.

Et pour les parents…

Voici une première entrée simple dans le monde montessorien pour les parents qui s’y intéressent sans trop savoir par où commencer : Montessori – Les principes fondateurs Ce livret est gratuit, offert par l’Ecole Vivante. Vous pouvez l’imprimer et le donner aux parents avec vos cadeaux pour les enfants. Il a un double avantage : il donnera une valeur plus importante à votre cadeau et il fera découvrir nos ouvrages.