Education : les parents ET l’école

Confier ses enfants

Nous sommes tellement habitués au principe de l’école comme complément de la famille dans l’éducation des enfants que la question ne se pose pas, le plus souvent : à 2 ans et demi ou 3 ans, presque tous les enfants entrent à l’école maternelle la plus proche de chez eux. Si les choses se passent à peu près bien, tous entrent ensuite à l’école primaire.

Quand on y réfléchit bien, confier ce que l’on a de plus cher sans avoir vraiment le choix de la personne à qui on le confie… quelle angoisse ! Car il ne s’agit pas simplement de faire garder ses enfants. Il s’agit d’accepter qu’une personne que l’on connaît très peu et dont on ignore les idées sur l’éducation, sur la vie, sur toutes sortes de valeurs qui, pour nous, sont fondamentales, soit en contact quotidien, 6 heures par jour, avec l’enfant. Qu’elle lui apprenne non seulement des connaissances mais aussi des comportements en société. Qu’elle participe au développement de sa personnalité d’une manière qui n’est pas forcément celle que l’on juge bonne pour lui. En même temps, si l’on n’est pas d’accord avec ce qui se fait en classe, on veut aussi éviter que l’enfant se trouve au centre d’un conflit encore plus nuisible pour son équilibre que le fait d’entendre deux sons de cloches différents à la maison et à l’école.

Le consensus autour de la soumission

Autrefois, l’instituteur avait un statut particulièrement respecté qui évitait les conflits entre la famille et lui. On n’attendait pas non plus de lui qu’il fasse plus que d’apprendre aux enfants un certain bagage de connaissances et des comportements de soumission à l’ordre établi. L’enfant recevait des claques physiques et psychologiques à la maison et à l’école, pour des motifs qui faisaient l’objet d’un consensus parfait (manque de respect envers les adultes, indiscipline, échec dans son travail). Les enfants sortaient de là au bout d’un nombre d’années plus ou moins grand, un peu cabossés, pas mal inhibés, et mûrs pour une vie professionnelle elle aussi le plus souvent fondée sur la soumission.

Le doute, le conflit, l’incohérence

Est-ce mieux aujourd’hui ? Pas vraiment. D’une part le consensus autour de la soumission existe encore dans nombre d’écoles et avec beaucoup de parents. D’autre part lorsqu’il n’y a pas de consensus, il est souvent bien difficile de savoir qui a tort et qui a raison et comment sortir du conflit. De nos jours, même s’il existe des enseignants formidables, il y en a aussi beaucoup qui n’ont pas reçu de véritable formation pédagogique. Cela ne veut pas dire automatiquement qu’ils ne font pas bien leur métier ! Mais cela empêche de leur faire aveuglément confiance. De leur côté, les parents ne sont pas informés sur ce que l’école devrait réellement apporter à leurs enfants. Uniquement des connaissances ? De quelle façon ? Egalement des comportements et des valeurs ? Le développement de leur autonomie ? Ou au contraire leur formatage en vue d’une insertion sans heurt dans la société ? Tout le monde est perdu. Tout le monde doute. Parents et enseignants s’affrontent au-dessus de la tête des enfants.

Pour une collaboration heureuse entre l’école et la famille

Pourtant, il suffit d’un peu de bon sens pour sortir de l’impasse. Et des exemples montrent, dans certains pays (la Finlande, toujours elle !) ou certaines écoles (Freinet, Montessori, Decroly, Steiner…), qu’une solution intelligente et harmonieuse est possible. Avoir de petites écoles de quartier au lieu des écoles énormes qui ne permettent pas un bon dialogue avec l’extérieur. Former les enseignants au point d’en faire de véritables experts de l’éducation (pédagogie, psychologie, connaissances). Reconnaître et valoriser cette expertise. Informer les parents sur la nécessité de faire confiance : à chacun son métier. Leur montrer que l’éducation à l’école n’est pas que scolaire. Leur permettre de participer à ce qui se fait en classe et de collaborer avec l’école.

Enfin, insister, dans un climat apaisé, sur la complémentarité école/famille pour le développement harmonieux et complet de l’enfant : confiance en lui, autonomie, rigueur, organisation de son travail, équilibre personnel, respect des autres, sens civique, auto-discipline, affirmation et argumentation de ses idées, etc.

La mode Montessori : c’est bien ?

Comment se moucher en Montessori… hi hi !

On voit fleurir partout sur le web des « conseils » en pédagogie montessorienne liés à toutes sortes d’activités parfaitement banales de la vie quotidienne. Comment mettre ses chaussures sauce Montessori, comment créer des mobiles pour la chambre montessorienne de votre enfant, comment ceci Montessori, comment cela Montessora… On en voit aussi en librairie : sans citer de vrais titres, ce qui serait particulièrement discourtois de ma part, on trouve 1000 et une activités pour votre enfant « à la manière de » Montessori, éveiller votre chérubin grâce à des jeux « d’inspiration » montessorienne, etc. Bref, Montessori a la cote.

Tortues montessoriennes ??? !!!

Montessori au rabais ?

Cela pourrait avoir des effets négatifs, que dénoncent d’ailleurs certains articles de blogs (comme ici : http://www.hellocoton.fr/mapage/miss-barjabulle). D’une part cela transforme la pédagogie Montessori en produit marketing, avec tous les écueils que cela entraîne d’habitude. D’autre part cela ne montre qu’une partie très superficielle et même fallacieuse de cette pédagogie formidable. On ne voit que la pratique sans l’esprit, les « recettes » sans les intentions. On peut donc se désoler de voir ainsi se répandre une version très appauvrie de Montessori qui risque de fausser complètement l’image que s’en fait le grand public.

Montessori élitiste ?

Parallèlement, on voit fleurir les écoles Montessori. On dirait qu’il s’en ouvre une chaque semaine ! Malheureusement, elles sont toutes privées. Cela signifie que « l’information » qui résulte de la médiatisation de la pédagogie Montessori n’aide à la faire entrer ni dans le bagage de formation des enseignants du public ni dans les classes de l’école républicaine, gratuite et laïque (à part quelques exceptions qui prouvent que c’est pourtant possible, comme ici :  http://lamaternelledesenfants.wordpress.com/).

Montessori for everybody !

On peut encore agir pour que le phénomène de mode soit réellement utile. Pour cela, il faut continuer infatigablement à informer les parents sur les principes réels et les fondements de la pédagogie Montessori autant que sur ses pratiques et techniques. Des forums ou des pages Facebook s’y emploient avec une belle énergie (par exemple : https://www.facebook.com/groups/pedagogiemontessori/).

Il faut aussi faciliter l’accès de tous les enseignants non seulement à la formation dans ce domaine, mais à des exemples réussis, à des expériences fructueuses, à des preuves irréfutables des bienfaits de cette pédagogie pour les enfants et pour les éducateurs eux-mêmes. Nombre de nos livres ont été écrits dans ce but (ici : pédagogie montessori expliquée aux parents et aux enseignants).

A nous tous de transformer le phénomène de mode en réel progrès pour l’enseignement en France.

 

 

La démocratie, ça s’apprend… ou pas !

S’exprimer

Comment a-t-on le culot de se plaindre de l’abstention des adultes ? Alors que, dans le même temps, par une pratique quotidienne et étalée sur toute leur scolarité, on apprend aux enfants que donner son opinion est souvent moins rentable et plus risqué que de fermer sa bouche. Dans l’enseignement magistral traditionnel et dans l’éducation que donnent de nombreux parents, l’opinion de l’enfant n’a, au mieux, pas de poids, au pire même pas l’occasion de s’exprimer.

Si l’on veut des citoyens qui réfléchissent puis s’expriment, qui défendent leur point de vue, qui l’argumentent, tout en écoutant l’opinion des autres, il faut leur montrer dès l’enfance que c’est utile et intéressant. J’ai vraiment l’impression d’enfoncer une porte ouverte ! Et pourtant…

Photo Ecole Freinet de Fox

Echanger

Dans l’enseignement participatif (Montessori, Freinet, Decroly, Steiner, etc.), il existe toujours des forums d’enfants, où sont débattus les grands et petits sujets qui concernent la classe. L’opinion des enfants est prise en compte. Elle a un impact. Ils apprennent à l’exposer et à la défendre de façon claire, convaincante et respectueuse. Un « bâton de parole » se transmet parfois de main en main pour matérialiser qui a le droit de parler et doit être écouté. Chacun a l’occasion de dire ce qu’il pense à son tour. Chacun apprend à écouter les autres et à analyser leurs propos avant de les faire siens ou de les contester.

Se faire une opinion personnelle

Comment a-t-on le culot de s’étonner de voir se formuler des votes protestataires plus ou moins moutonnesques ? L’analyse, la réflexion, l’argumentation, la contestation réfléchie, l’invention d’alternatives et la proposition de solutions ne sont pas innées ! Cela s’observe, s’apprend et se cultive.  Le remède à l’obscurantisme et au populisme est dans l’éducation. Est-ce que je ne viens pas d’enfoncer une deuxième porte ouverte ? Pourtant…

 

Enfant passif, enfant acteur, enfant auteur

L’enfant passif

Il est bien sûr très majoritaire dans l’enseignement traditionnel. Tout simplement parce qu’on accepte et, souvent, parce qu’on VEUT qu’il le soit. Il est timide et participe peu ? Dans une classe de trente avec cours magistraux, il est vite oublié dans son coin. Il est très « sage » ? Il écoute ce qui est dit, enregistre ce qu’il peut, apprend par cœur le reste à la maison et le régurgite le lendemain dans un contrôle où on notera surtout le résultat et très peu, voire pas du tout, le raisonnement. Quel qu’il soit, il se rend vite compte qu’il a tout intérêt à ne pas trop se manifester car, s’il le fait, il prend le risque de commettre des erreurs et d’être sanctionné pour cela. De toute façon, l’espace où il est prévu qu’il doive faire appel soit à son imagination soit à son initiative est très réduit.

L’enfant acteur

La pédagogie active donne à l’enfant un place toute différente. Elle le place dans des situations où c’est lui qui choisit, cherche, dialogue, collabore avec ses camarades, utilise à sa façon les documents et les outils mis à sa disposition par l’enseignant. Elle le responsabilise en le faisant participer à l’élaboration de son programme d’apprentissage (pédagogie de contrat) et à l’évaluation de son travail et de celui des autres (autoévaluation, évaluation par les pairs). Elle cultive sa confiance en lui en acceptant l’erreur comme une étape nécessaire pour progresser. Elle favorise son autonomie en mettant à sa disposition du matériel qu’il peut utiliser sans l’aide ou la censure de l’adulte (fichiers autocorrectifs chez Freinet, matériel avec contrôle de l’erreur intégré chez Montessori…).

L’enfant auteur

Voilà la troisième étape, celle qu’on ne rencontre pas dans toutes les classes, même en pédagogie active. Pour que l’enfant auteur se révèle, il faut une attitude et un esprit particuliers de la part de l’éducateur.

D’abord, qu’entend-on par enfant auteur ? C’est par exemple celui qui va réellement créer dans le domaine artistique : il dessine ou sculpte ou chante ou écrit ce qu’il veut, quand il veut. Il part sur des voies différentes de ses camarades parce qu’il suit sa propre personnalité et ses propres goûts. Il cherche à améliorer ses créations en se documentant et en se cultivant. Il a appris progressivement à se sentir libre de s’exprimer à sa manière. Ou c’est celui qui va faire des inventions techniques plus ou moins élaborées, des expériences originales… et se livrer, petit à petit, à ce qui l’intéresse le plus, découvrant et révélant ainsi sa propre voie d’excellence.

Cela n’est possible que lorsque l’enseignant favorise dès le départ l’initiative et l’indépendance d’esprit dans sa classe. Pour cela, il faut que cet enseignant soit lui-même capable de remettre en cause ce qu’on lui a appris dans sa formation, de se faire ses propres idées, de ne pas suivre une méthode comme s’il s’agissait d’une règle immuable et figée. Il faut qu’il invente lui-même en permanence selon le contexte, les enfants avec qui il travaille, les moyens du bord, etc. Il faut qu’il soit capable d’évoluer, de changer de cap, d’adapter et de s’adapter. Il faut qu’il soit lui-même acteur et auteur de son travail.

Connaissez-vous des enseignants de ce genre ? On les reconnaît tout de suite ! En général, ils adorent leur métier, le font sans compter, ne s’y ennuient jamais et… leurs élèves les adorent.

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Un exemple au collège-lycée Freinet de La Ciotat : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/05/12052014Article635354691651630131.aspx

Une expérience lumineuse
de Montessori dans le public

Je n’ai presque pas de commentaire à faire ! Allez voir ici et regardez la vidéo de l’école de Gennevilliers :

Montessori dans une maternelle du public

Juste un détail… qui a son importance. On insiste pas mal, dans la vidéo, sur le fait que les enfants lisent « avant l’âge », ou s’approprient « rapidement » les mathématiques.

Il me semble que c’est un peu risqué à deux points de vue. D’abord parce qu’il ne faudrait pas que les parents qui se tournent vers Montessori le fassent pour que leur enfant soit le premier, ou le plus rapide, ou quelque chose de ce genre (vieille rengaine !). Ensuite parce qu’il faut toujours penser au rythme de l’enfant lui-même. Il est quasiment certain que l’institutrice qui a mené ce travail n’a pas poussé les enfants. On sent trop, tout le temps, l’intelligence de sa pratique pour cela ! Mais cela peut donner envie de le faire. Et ce n’est pas bon : ils doivent pouvoir évoluer tranquillement. En brûlant les étapes, on saute des phases importantes de la maturation et de l’appropriation.

Un dernier point : cette petite fille qui, maintenant qu’elle sait écrire, passe des journées entières à le faire… ne serait-ce pas mieux si elle écrivait ses propres textes que de copier des livres ? La créativité est aussi importante que les compétences !

NB : Les photos sont des captures de la vidéo.

 

« Laissons les enfants s’approprier leur éducation » Trevor Eissler, USA*

Trevor Eissler n’est pas un éducateur. En fait, son métier est pilote d’avion. Mais pour beaucoup de parents et d’éducateurs d’écoles Montessori, T. Eissler est un peu un héros. Pourquoi ? Parce qu’il promeut avec passion la pédagogie Montessori et expose inlassablement les raisons qui le font penser, comme d’autres parents, qu’il s’agit de la forme d’éducation la plus innovante qui ait existé depuis plus d’un siècle.

« Quand mes enfants ont commencé l’école et que nous avons découvert l’éducation Montessori, j’ai commencé une deuxième carrière de parent-avocat de la cause montessorienne » dit T. Eissler. « J’ai alors écrit Montessori, c’est fou ! Un plaidoyer pour l’éducation Montessori, par un parent et pour les parents, qui est devenu le best-seller des livres liés à Montessori au cours des trois dernières années. T. Eissler a, depuis, écrit trois autres livres montessoriens, pour les enfants. « J’ai voyagé dans plus de 30 pays et trois continents, parlé dans près de 200 écoles et conférences pendant le temps libre que me laisse mon vrai métier, » ajoute-t-il.

En plus de ce livre, T. Eissler et un groupe d’autres « avocats » de la cause montessorienne ont créé Montessori Madmen** pour « promouvoir l’éducation Montessori afin qu’un jour elle ne soit plus appelée l’école Montessori mais l’école tout court. » T. Eissler a aussi réalisé plusieurs vidéos (Montessori, c’est fou ! et How to hug a child like this) que les écoles peuvent utiliser pour présenter certains des principes Montessori à des parents potentiellement intéressés. Ces vidéos se sont répandues comme des traînées de poudre. Parents et défenseurs de Montessori les échangent abondamment sur les réseaux sociaux.

Mais qu’y a-t-il donc de si différent entre Montessori et l’éducation traditionnelle ? Inventée en 1907 par Maria Montessori, cette pédagogie est aujourd’hui la plus répandue dans le monde, avec des écoles sur tous les continents et dans tous les pays, à l’exception de la Corée du Nord. Principalement, l’éducation Montessori se caractérise par la confiance dans le fait que les enfants sont des êtres intelligents. Ils apprennent à leur propre rythme et à travers leurs cinq sens. Une classe Montessori est gnéralement un lieu de découverte et de curiosité qui réunit des enfants d’âges variés : ce sont les élèves qui sont à l’initiative de ce qu’ils apprennent.

« Lorsque je parle de pédagogie innovante, » note T. Eissler, « et bien que ce soit ce qui saute aux yeux lorsqu’on découvre cette pédagogie pour la première fois, je ne veux pas dire que c’est la coqueluche du moment. Ce qui fait de Montessori une méthode innovante, c’est que ses principes s’appuient sur des recherches pointues sur le développement de l’intelligence chez l’enfant. C’est aussi innovant parce que cela révolutionne notre façon de voir les enfants, de les traiter et de les éduquer. Et, au sujet de l’innovation, est-ce que Larry Page, Sergey Brin et Jeff Bezos*** sont assez innovants pour vous ? Ce sont tous d’anciens élèves de Montessori. »

C’est un plaisir pour moi de partager le Daily Edventure d’aujourd’hui avec Trevor Eissler. Régalez-vous !

Qu’est-ce qui a changé du fait de vos efforts ?

J’aimerais pouvoir penser que mes efforts ont conduit plus de familles à inscrire leurs enfants dans des écoles Montessori à travers le monde. Mon but est d’amener les parents à s’asseoir dans une classe Montessori et à se faire une idée par eux-mêmes.

Comment d’autres personnes confrontées aux mêmes défis peuvent-elles tirer parti de ce que vous avez appris au cours de votre travail ?

Il y a environ 4000 écoles Montessori aux USA. Environ 10% sont des écoles publiques. La solution pour que la pédagogie Montessori se répande, c’est qu’elle entre de plus en plus dans le public, pour que les familles aient le choix. Il n’y a absolument aucune raison pour que les enfants de notre pays n’aient pas un accès gratuit à l’école Montessori.

Une statistique intéressante de l’Etat où j’habite, le Texas (d’autres Etats présentent les mêmes chiffres) : l’école privée Montessori de mes propres enfants coûte à peu près
7000 dollars par enfant, en frais de scolarité. Le Texas dépense plus de 9000 dollars par élève de l’école publique. En d’autres termes, si nous pouvions offrir à chaque enfant du Texas une éducation dans une école privée Montessori, nous pourrions faire une économie d’environ 20% sur le budget de l’éducation. Incroyable. Pour mettre cela en œuvre il faut que de plus en plus de parents et d’enseignants exigent de plus en plus d’écoles publiques Montessori pour de plus en plus d’enfants.

Quel est l’obstacle le plus important à surmonter, selon vous, pour que les enfants reçoivent une éducation de qualité ?

La pression des tests standardisés, les bulletins, les classements, les contrôles et les devoirs à la maison sont les obstacles les plus importants à surmonter pour une éducation de qualité.

Qu’est-ce que votre pays fait de bien pour soutenir l’éducation ?

Nous collectons beaucoup d’argent grâce aux impôts. Le problème, c’est que nous dépensons cet argent pour soutenir l’enseignement traditionnel.

Qu’est-ce qui doit changer dans votre pays pour mieux soutenir l’éducation ?

Les parents et les enseignants doivent exiger des alternatives au système traditionnel.

Quelle est la meilleure opportunité pour innover en éducation ?

Montessori.

Quel avis donneriez-vous à un enseignant débutant (ou à toute personne désireuse d’innover dans l’éducation) ?

Rappelez-vous pourquoi vous avez voulu enseigner, en tout premier lieu. Etait-ce « pour préparer les ouvriers du 21e siècle » ? Etait-ce « pour rendre les Etats-Unis compétitifs par rapport à la Chine » ? Etait-ce « pour fournir des ouvriers qualifiés » ? Ou, en fait, était-ce « pour permettre aux enfants de devenir les meilleures personnes qu’ils puissent être, les plus intelligentes, les plus joyeuses, les plus curieuses, les plus attentionnées, les plus épanouies, les plus intéressantes » ? Si c’est la dernière option qui est la bonne, vous êtes un éducateur Montessori dans l’âme.

Si vous pouviez donner un outil éducatif à chaque enfant du monde,
quel serait-il ? Pourquoi ?

Ils sont nés avec le meilleur outil : leurs mains. L’apprentissage par l’action est fondamental pour développer l’intelligence. Nous devons permettre aux enfants d’explorer, de connecter, de construire et de se sentir partie prenante du monde qui les entoure. L’outil éducatif le plus important n’est pas technologique. Ce ne sont ni les tableaux interactifs ni les iPads ou même les crayons. Ce sont les mains. Libérons leurs mains.

* Article et interview de Anthony Salcito Vice President – Worldwide Education
Daily Edventures

Traduction Sylvia Dorance, ecole-vivante.com
Le livre de Trevor Eissler Montessori, c’est fou ! est disponible en téléchargement et en exclusivité sur le site ecole-vivante.com
** Fous de Montessori
*** Respectivement cofondateurs de Google et fondateur d’Amazon.

Pourquoi nous avons publié
le livre de Trevor Eissler

Imaginez une école où les enfants apprennent sans stress et avec plaisir tout ce dont ils ont besoin pour leur développement psychologique, moral et intellectuel… une école où ils sont heureux d’aller et dont ils parlent à leurs parents avec enthousiasme en rentrant à la maison. Cette école existe. C’est celle qui prône l’autonomie de l’enfant, la créativité, le dialogue adulte-enfants, la coopération entre les enfants ; celle qui refuse les notes, les punitions arbitraires, le bachotage.
Pour le moment, elle est surtout privée* et n’entre que trop rarement dans l’enseignement public. C’est injuste ! Il est injuste que des questions d’argent privent un grand nombre d’enfants d’une école de qualité. Il est insupportable que tant d’enfants échouent dans leurs études parce que les méthodes ne conviennent qu’à un certain type d’élèves. Il est déplorable que même ceux qui réussissent à l’école traditionnelle n’aient pas la possibilité d’y développer tout leur potentiel créatif. Il est regret-table que nombre d’enseignants n’aient qu’une idée très vague de ce que peuvent apporter les pédagogies alternatives.
Il faut que l’école Montessori devienne l’école tout court, que la pédagogie active devienne la norme dans l’enseignement public. Pour cela, il faut seulement trois choses :
• des enseignants convaincus (ils le sont de plus en plus) et bien formés,
• des parents informés et convaincus,
• pour que tous rendent enfin possible un réel changement de l’école.


Le livre de Trevor Eissler Montessori, c’est fou ! a été écrit pour informer les parents et donner à tous ceux qui travaillent avec des enfants des arguments pour convaincre. Il est simple, enrichissant, convivial. Il se lit comme un roman.
Voilà pourquoi nous avons voulu traduire et publier ce live. C’est un fabuleux outil de communication.
Bonne lecture !

Sylvia Dorance et Vanessa Toinet

*Privée et de plus en plus nombreuse pour l’école Montessori, publique mais peu nombreuse pour l’école Freinet.

Maria Montessori de retour d’exil

On voit ici et là depuis quelques jours cette vidéo. Mais… personne n’a pris la peine de la traduire ! Pourtant, ce qu’elle dit mérite d’être compris !!

Voici la traduction :

Maria Montessori, géniale innovatrice des systèmes éducatifs de l’enfance revient dans sa patrie. Elle vous parlera elle-meme de son exil :

« J’ai quitté l’Italie en 1934. L’année où toutes les écoles qui appliquaient ma méthode ont été fermées. Je suis restée en Europe jusqu’en 1939. Après, je suis allée en Inde, où j’ai été pendant sept ans. Pendant 5 années j’ai été internée, en tant qu’ennemi italien. Je ne pouvais aller nulle part. Mais les Indiens venaient à moi. J’ai ainsi pu former environ 1500 enseignants. »

Combien de temps allez-vous rester en Italie?

« Je serai ici, invitée par le gouvernement italien, pendant deux mois. Je crois que c’est pour ré-introduire ma méthode dans les écoles, et pour appliquer mes principes à la nouvelle éducation.

J’irai encore en Inde pendant quelques mois et après, si Dieu le veux, je reviendrai en Europe. »

Si les enfants savaient qui est Maria Montessori, cet hommage serait plébiscité. Sa méthode prevoit la libération morale et mentale de l’enfant. Aux petites ailes qui se déploient, cette femme donne le courage et la responsabilité de tenter l’envol.

(Traduction : Claudia Porta. La casa nella prateria)

Montessori, c’est fou !

Un plaidoyer pour l’éducation Montessori

Nous savons que nous devons améliorer notre système éducatif traditionnel, aussi bien public que privé. Mais comment ? Nous continuons à discutailler autour d’augmentations de budget, de meilleurs manuels, d’enseignants mieux formés ou mieux payés, de plus petits ratios enseignant/élèves, ou même de ramassage scolaire et d’ajustements culturels. Nous nous disputons même pour des journées scolaires plus longues, comme si plus de temps dans le système traditionnel pouvait contrecarrer ses effets néfastes ! C’est futile.  Montessori c’est fou ! explique pourquoi les réformes partielles que les politiciens et les responsables de l’Education ne cessent de proposer sont des réformes partielles dans la mauvaise direction.

C’est le système entier qu’il faut transformer. C’est la nature fondamentale de la classe qu’il faut changer.

Un livre fait par un parent pour les parents

Trevor Eissler n’est pas un éducateur. En fait, il est pilote d’avion. Mais pour de nombreux parents et enseignants aux USA, il est devenu une sorte de héros ! Pourquoi ? Parce qu’il défend avec passion la cause de la pédagogie Montessori et explique inlassablement pourquoi il croit – avec des enseignants et des parents de plus en plus nombreux – qu’elle est la forme d’éducation la plus novatrice et la plus efficace qui ait jamais existé depuis un siècle.

Ce livre demande aux parents d’aller voir – d’observer pendant une demi-heure – une classe Montessori. Leur vision de ce à quoi devrait ressembler l’éducation ne sera plus jamais la même.

Si vous êtes le parent d’un jeune enfant, ce livre est pour vous INCONTOURNABLE.

Et nous sommes très fières, à l’Ecole Vivante, de le publier dans sa version francophone. Il est disponible en exclusivité et en téléchargement immédiat sur nos pages dédiées à la pédagogie Montessori.