Quelques clichés contre Montessori

Une « nouvelle méthode » qui date du début du XXe (sic)

Je viens de lire un article (que je ne citerai pas – inutile d’en parler plus) qui constitue un condensé si copieux et haineux des clichés contre Montessori qu’il me semble une occasion parfaite de les réfuter un par un. Le premier, éculé mais toujours vivace, s’étonne qu’on appelle moderne une méthode qui date de plus d’un siècle. Ce qui est curieux, c’est que les gens qui pensent cela sont souvent ceux qui voudraient que l’on revienne… à l’école de Jules Ferry (devoirs, notes, classements, punitions, apprentissages par cœur…). Or, justement, vouloir supprimer toutes ces entraves inutiles pour permettre le développement harmonieux et autonome de l’enfant au lieu de l’inhiber et de le brimer… oui, c’est moderne !

L’école Montessori ne fonctionne que pour les enfants doués ou pour les déficients (sic)

Commençons par la contradiction inhérente à la formulation : n’est il pas étrange qu’une pédagogie fonctionne aussi bien pour les enfants à haut potentiel et pour ceux qui ont des difficultés si, justement, elle ne fonctionne pas pour tous ? Ce que cette phrase souligne surtout, c’est justement le fait qu’en tenant compte des particularités de chacun et en s’y adaptant, la pédagogie Montessori évite que l’on laisse sur la touche tous ceux qui ne sont pas absolument dans la « norme ». Et d’ailleurs qu’est-ce que cette norme et qui la définit ? Et sur quel critères ?

Elle est dangereuse pour les autres (sic)

Dangereuse parce qu’elle les laisse libres. L’auteur de l’article s’affole à l’idée de ces enfants à qui on n’impose rien et qui, forcément, vont en profiter pour se vautrer dans l’indolence et la paresse. C’est avoir une vision bien négative des enfants. C’est aussi se tromper lourdement : il suffit de passer quelques heures dans une école Montessori pour se rendre compte du fait que non seulement les enfants travaillent mais qu’en plus ils le font volontairement et avec plaisir. Et c’est justement quand on les laisse libres de faire un travail qui a du sens qu’on leur donne l’occasion de devenir volontairement actifs à l’école et, plus tard, dans la vie, sans avoir besoin d’un gendarme à leur côté.

L’école ne peut se permettre d’attendre des années pour qu’un enfant apprenne à lire et calculer, et juste, travailler (sic)

Lorsqu’on sait à quel point le forçage est peu productif pour la plupart et nuisible pour un certain nombre, cette phrase fait rire. Mais rire jaune quand même ! Cette école qui n’a pas la capacité (ou la patience) d’attendre, échoue si bien qu’elle prive notre société et l’avenir de notre pays de toute une partie de ses forces vives. Au lieu de laisser à ceux qui en ont besoin le temps de s’épanouir à leur rythme pour qu’en fin de compte chacun puisse entrer de plain pied dans une vie active et créative pour le bien de tous, elle fonce bille en tête vers le mur sans se soucier des dégâts. Belle réussite !

Les contraintes sociales sont des biens précieux pour nous apprendre à vivre ensemble (sic)

Sous-entendu : les écoles Montessori sont bien trop agréables pour préparer (armer !) les enfants à l’horreur de la vie qui les attend ensuite : compétition, égoïsme, avidité, envie de pouvoir… que sais-je ? Autrement dit : Puisque dans la vie, on prend des coups de marteau sur la tête, autant commencer le plus tôt possible. C’est inepte. D’abord parce que si la société est réellement aussi mauvaise, on ferait mieux de commencer par essayer de la réformer… en éduquant mieux les enfants pour qu’ils deviennent des adultes moins égoïstes, moins avides, etc. Ensuite parce que, justement, c’est en donnant confiance aux enfants et en leur apprenant le dialogue qu’on les prépare à vivre en société de façon équilibrée, indépendante, ouverte.

CQFD 🙂

 

 

Education : les parents ET l’école

Confier ses enfants

Nous sommes tellement habitués au principe de l’école comme complément de la famille dans l’éducation des enfants que la question ne se pose pas, le plus souvent : à 2 ans et demi ou 3 ans, presque tous les enfants entrent à l’école maternelle la plus proche de chez eux. Si les choses se passent à peu près bien, tous entrent ensuite à l’école primaire.

Quand on y réfléchit bien, confier ce que l’on a de plus cher sans avoir vraiment le choix de la personne à qui on le confie… quelle angoisse ! Car il ne s’agit pas simplement de faire garder ses enfants. Il s’agit d’accepter qu’une personne que l’on connaît très peu et dont on ignore les idées sur l’éducation, sur la vie, sur toutes sortes de valeurs qui, pour nous, sont fondamentales, soit en contact quotidien, 6 heures par jour, avec l’enfant. Qu’elle lui apprenne non seulement des connaissances mais aussi des comportements en société. Qu’elle participe au développement de sa personnalité d’une manière qui n’est pas forcément celle que l’on juge bonne pour lui. En même temps, si l’on n’est pas d’accord avec ce qui se fait en classe, on veut aussi éviter que l’enfant se trouve au centre d’un conflit encore plus nuisible pour son équilibre que le fait d’entendre deux sons de cloches différents à la maison et à l’école.

Le consensus autour de la soumission

Autrefois, l’instituteur avait un statut particulièrement respecté qui évitait les conflits entre la famille et lui. On n’attendait pas non plus de lui qu’il fasse plus que d’apprendre aux enfants un certain bagage de connaissances et des comportements de soumission à l’ordre établi. L’enfant recevait des claques physiques et psychologiques à la maison et à l’école, pour des motifs qui faisaient l’objet d’un consensus parfait (manque de respect envers les adultes, indiscipline, échec dans son travail). Les enfants sortaient de là au bout d’un nombre d’années plus ou moins grand, un peu cabossés, pas mal inhibés, et mûrs pour une vie professionnelle elle aussi le plus souvent fondée sur la soumission.

Le doute, le conflit, l’incohérence

Est-ce mieux aujourd’hui ? Pas vraiment. D’une part le consensus autour de la soumission existe encore dans nombre d’écoles et avec beaucoup de parents. D’autre part lorsqu’il n’y a pas de consensus, il est souvent bien difficile de savoir qui a tort et qui a raison et comment sortir du conflit. De nos jours, même s’il existe des enseignants formidables, il y en a aussi beaucoup qui n’ont pas reçu de véritable formation pédagogique. Cela ne veut pas dire automatiquement qu’ils ne font pas bien leur métier ! Mais cela empêche de leur faire aveuglément confiance. De leur côté, les parents ne sont pas informés sur ce que l’école devrait réellement apporter à leurs enfants. Uniquement des connaissances ? De quelle façon ? Egalement des comportements et des valeurs ? Le développement de leur autonomie ? Ou au contraire leur formatage en vue d’une insertion sans heurt dans la société ? Tout le monde est perdu. Tout le monde doute. Parents et enseignants s’affrontent au-dessus de la tête des enfants.

Pour une collaboration heureuse entre l’école et la famille

Pourtant, il suffit d’un peu de bon sens pour sortir de l’impasse. Et des exemples montrent, dans certains pays (la Finlande, toujours elle !) ou certaines écoles (Freinet, Montessori, Decroly, Steiner…), qu’une solution intelligente et harmonieuse est possible. Avoir de petites écoles de quartier au lieu des écoles énormes qui ne permettent pas un bon dialogue avec l’extérieur. Former les enseignants au point d’en faire de véritables experts de l’éducation (pédagogie, psychologie, connaissances). Reconnaître et valoriser cette expertise. Informer les parents sur la nécessité de faire confiance : à chacun son métier. Leur montrer que l’éducation à l’école n’est pas que scolaire. Leur permettre de participer à ce qui se fait en classe et de collaborer avec l’école.

Enfin, insister, dans un climat apaisé, sur la complémentarité école/famille pour le développement harmonieux et complet de l’enfant : confiance en lui, autonomie, rigueur, organisation de son travail, équilibre personnel, respect des autres, sens civique, auto-discipline, affirmation et argumentation de ses idées, etc.

La démocratie, ça s’apprend… ou pas !

S’exprimer

Comment a-t-on le culot de se plaindre de l’abstention des adultes ? Alors que, dans le même temps, par une pratique quotidienne et étalée sur toute leur scolarité, on apprend aux enfants que donner son opinion est souvent moins rentable et plus risqué que de fermer sa bouche. Dans l’enseignement magistral traditionnel et dans l’éducation que donnent de nombreux parents, l’opinion de l’enfant n’a, au mieux, pas de poids, au pire même pas l’occasion de s’exprimer.

Si l’on veut des citoyens qui réfléchissent puis s’expriment, qui défendent leur point de vue, qui l’argumentent, tout en écoutant l’opinion des autres, il faut leur montrer dès l’enfance que c’est utile et intéressant. J’ai vraiment l’impression d’enfoncer une porte ouverte ! Et pourtant…

Photo Ecole Freinet de Fox

Echanger

Dans l’enseignement participatif (Montessori, Freinet, Decroly, Steiner, etc.), il existe toujours des forums d’enfants, où sont débattus les grands et petits sujets qui concernent la classe. L’opinion des enfants est prise en compte. Elle a un impact. Ils apprennent à l’exposer et à la défendre de façon claire, convaincante et respectueuse. Un « bâton de parole » se transmet parfois de main en main pour matérialiser qui a le droit de parler et doit être écouté. Chacun a l’occasion de dire ce qu’il pense à son tour. Chacun apprend à écouter les autres et à analyser leurs propos avant de les faire siens ou de les contester.

Se faire une opinion personnelle

Comment a-t-on le culot de s’étonner de voir se formuler des votes protestataires plus ou moins moutonnesques ? L’analyse, la réflexion, l’argumentation, la contestation réfléchie, l’invention d’alternatives et la proposition de solutions ne sont pas innées ! Cela s’observe, s’apprend et se cultive.  Le remède à l’obscurantisme et au populisme est dans l’éducation. Est-ce que je ne viens pas d’enfoncer une deuxième porte ouverte ? Pourtant…

 

Les TICE et la pédagogie

Où l’on reparle de pédagogie

Ce matin, quand j’ai lu les propositions du rapport Mariton (projet UMP) sur l’école, je n’en croyais pas mes yeux. On y reparle de formation des enseignants et de pédagogie ! Quel incroyable nouvelle après les coupes sombres opérées dans ce domaine pendant la présidence Sarkozy. Hélas, j’ai vite déchanté. Dans les propositions 10  (Intensifier la formation initiale et continue des enseignants aux nouvelles pratiques pédagogiques) et 11 (Accélérer la modernisation de la pédagogie), on confond, ou on feint de confondre, pour la énième fois, la pédagogie et les TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement).

Les TICE sont-ils la pédagogie ?

Est-ce qu’un crayon est pédagogique ? Est-ce qu’un cahier est pédagogique ? Est-ce qu’un ordinateur, un iPad, sont pédagogiques ? Bien sûr que non. La preuve ? On peut très bien faire un cours magistral en utilisant les TICE. On peut utiliser les TICE dans un enseignement traditionnel. Les TICE, ce n’est pas de la pédagogie, c’est de la technologie.

Un logiciel d’enseignement peut certes s’appuyer sur de bonnes pratiques pédagogiques. Encore faut-il qu’il soit conçu par des pédagogues et que les enseignants aient été réellement formés à la pédagogie pour être capables de différencier les logiciels effectivement intéressants de la poudre au yeux et des gadgets.

Parler des TICE pour NE PAS parler de pédagogie

Donc, comme d’habitude, on évite les vraies questions : comment former les enseignants à la pédagogie et à quelle pédagogie les former ? Cela permet d’éviter de remettre en cause la pédagogie traditionnelle qui continue vaille que vaille à faire des ravages, à coup de cours magistraux, de tests standardisés, de notes inutiles voire dangereuses, de devoirs à la maison… C’est bien évidemment cela qu’il faudrait changer d’abord. Pour une école où les enfants agissent, s’engagent, sont responsabilisés, sont libres de leurs choix et apprennent à leur rythme.

Lorsque les enseignants seront formés à mettre cela en place dans leur classe, le besoin des ordinateurs et des tablettes se fera sûrement sentir à certains moments. Parce qu’ils font partie de la vie extérieure à la classe, qu’ils peuvent être des outils fabuleux quand ils sont bien utilisés et qu’ils doivent donc être accueillis dans l’école, comme la cuisine, le bricolage, la lecture-plaisir, etc.

Guide COMPLET (?) de l’enseignant débutant

Une bouée de sauvetage ?

Certaines Inspections académiques diffusent un petit guide gratuit pour les enseignants débutants, élaboré l’année dernière par l’Inspection académique du Val de Marne. Il est présenté comme « COMPLET ». Du moins, c’est le titre donné au fichier pdf qui se propage sur internet. Pour être tout à fait honnête, il faut préciser que la couverture du document se contente du titre « Quelques outils pour débuter dans la classe ».

Bien entendu, au départ, il y a une intention louable. Les auteurs ont tenté de jeter une bouée de sauvetage aux jeunes enseignants que l’Education nationale a eu l’inconscience et le culot de lancer dans le flot d’une classe sans formation. On voit bien, par exemple dans le chapitre consacré à la gestion d’une classe hétérogène (p.16), que l’idée de départ, généreuse et désespérée, est de parer au plus compliqué et de fournir quelques pistes de travail aux débutants au bord de la noyade.

Mais présenter ce guide comme complet me semble assez grave. D’une part parce que, bien évidemment, l’apprentissage du métier d’enseignant est difficile, complexe et ne peut se résumer à la lecture de quelques recettes (le guide parle de « ficelles » du métier, p.11). D’autre part parce que ce qui s’exprime dans les choix et le contenu des informations fournies ne fait pratiquement référence qu’à l’éternelle méthode traditionnelle.

Un outil assez pauvre

Bien sûr, personne ne pense qu’il suffise de quelques recettes de cuisine pour faire un bon cuisinier. Alors comment quelques « ficelles » pourraient-elles suffire pour savoir

• faire des choix pédagogiques documentés et adaptés aux élèves,

• aborder un groupe d’enfants avec suffisamment de confiance pour leur transmettre cette confiance (en l’enseignant et en eux-mêmes),

• créer dans la classe une atmosphère sereine propice aux échanges et aux apprentissages,

• éveiller l’envie d’apprendre des enfants et ne pas inhiber leurs initiatives,

• faciliter le travail de chacun avec rigueur tout en restant ouvert aux événements extérieurs ou intérieurs à la classe susceptibles de fournir matière à l’éducation,

• adopter une attitude appropriée dans les situations de crise,

• s’organiser dans son propre travail de préparation et de documentation, etc.

… pour ne citer que quelques unes des innombrables composantes du métier d’enseignant ?

Et comment interpréter le fait que les expressions « pédagogie active », « pédagogie de contrat », « pédagogie de projet » ne soient présentes nulle part dans le document, mais que le mot « punition » revienne 12 fois, « sanction » 8 fois, « maîtrise » 11 fois, « gestion » 16 fois… ? Ce que l’on conseille ainsi implicitement aux débutants, c’est la posture magistrale de l’enseignant qui dispense un savoir, maîtrise sa classe et en évite les débordements.

Un outil contestable

Si le guide est présenté comme complet, en cas d’échec, le débutant se sentira seul coupable. Or on ne l’aura pas réellement préparé à sa tâche. Et on ne lui aura pas donné l’occasion d’expérimenter par lui-même dans de bonnes conditions, sans le stress du travail seul face à une classe. C’est exactement la même attitude que dans le pire enseignement traditionnel : on donne un bagage d’informations à l’enfant. A lui de les faire siennes comme il peut et d’être capable de les utiliser non seulement pour réussir les sacro-saints contrôles mais aussi pour s’en servir dans la vie. S’il échoue, c’est de sa faute.

L’intention de départ était donc louable… mais si l’on veut réellement rendre service aux enseignants débutants, il faut les former en pédagogie, voire en psychologie, leur donner l’occasion de pratiquer et d’expérimenter avant de se retrouver seuls dans une classe, les payer correctement et revaloriser leur image, leur faire confiance, faciliter leur travail en équipe, adapter les emplois du temps aux besoins réels des élèves, donner des budgets pour le matériel et les activités, etc. J’ai presque honte d’écrire cela : ça ressemble tellement à une lapalissade !!!!

La pédagogie active est-elle (trop) ludique ?

Certains détracteurs de la pédagogie active lui font le reproche d’être “trop ludique”. Bien entendu, c’est parce qu’ils ne la connaissent pas. Mais que veulent-ils dire exactement ? Que ce n’est pas sérieux ? Que cela manque de rigueur ? Que les enfants n’apprennent rien ? Que les enseignants font de la garderie et de la démagogie ? Un peu tout cela à la fois, sans doute.

 

Est-ce que les enfants Montessori ou Freinet passent leur temps à jouer ?

Bien sûr que non. Il suffit d’entrer dans une classe Freinet pour voir des enfants concentrés sur ce qu’ils font, souvent en groupes, parfois seuls et sérieux à une table, parfois autour de l’enseignant. Chez Montessori, il y a du matériel de toutes les couleurs, des perles, des cubes, des enfants par terre sur des tapis. Ils sont même souvent en chaussettes !

Ce qui donne l’illusion du jeu, c’est que le travail n’a pas toujours besoin de cahiers, de stylos, de doigts levés, et jamais besoin de notes. C’est aussi le fait que les enfants ont l’air captivés par ce qu’ils font et que l’enseignant n’est pas obligé de les rappeler au besoin de silence. On ne les contraint pas à rester immobiles. Mais ils sont toujours entrain d’apprendre, d’expérimenter, de s’entraîner, de s’entraider, de dialoguer, d’évaluer leur travail, de le programmer, de le commenter…

La vieille croyance du médicament amer

Il y a donc sous la critique du “trop ludique”, quelque chose d’irrationnel. L’apprentissage doit forcément être un peu ennuyeux et demander des efforts, sinon ce n’est pas un véritable apprentissage. Comme une pilule doit absolument être amère sinon ça ne peut pas être un médicament efficace.

Or justement, la force de la pédagogie active, c’est de rendre les apprentissages si intéressants pour l’enfant qu’il ne se pose pas la question de savoir si c’est du travail ou du jeu. Il n’a pas non plus hâte d’abandonner le premier pour le second. Un peu comme un adulte passionné par son métier ne compte pas ses heures et continue à le faire quand il est en vacances.

Enfin, comme on ne donne pas de devoirs aux enfants le soir, en pédagogie active, et que donc, ils peuvent jouer, se défouler et se détendre, ils ne sont pas saturés pendant la journée. Leur esprit est disponible et reposé, capable de se concentrer.

Les notes en classe : on “expériemente” encore !

C’est reparti ! Avec la rentrée, on sort les enfants de la plage et les serpents de la mer. FR3 pose la question cruciale : “Faut-il supprimer les notes ?”, Metro fait un nième sondage, et le ministre de l’Education parle de faire “évoluer” le système de notation scolaire.

Bref… on va encore attendre.

Pourtant : les notes accentuent le stress des enfants en difficulté ; elles sont propices à diverses injustices ; elles constituent une sanction (positive ou négative) venue d’en haut, pas de l’enfant lui-même, ce qui l’empêche de s’autoévaluer ; elles manquent de nuances, même si l’on ajoute des “,5” ou des “+” ou “++” ; elles habituent l’enfant à la compétition, pas à l’émulation. On s’arrêtera là pour ne pas lasser.

Les gens qui les soutiennent affirment :

– qu’elles facilitent le classement des élèves… mais à quoi sert le classement ?

– qu’elles permettent aux parents de savoir où en est leur enfant… mais ne serait-il pas plus intéressant de leur envoyer périodiquement des travaux faits à l’école par l’enfant ou de discuter avec eux, ou encore de les inviter à voir ce qui se passe en classe ?

Imaginez la vie courante avec des notes 🙁 Et imaginez l’école sans les notes ! 🙂