La pédagogie active est-elle (trop) ludique ?

Certains détracteurs de la pédagogie active lui font le reproche d’être “trop ludique”. Bien entendu, c’est parce qu’ils ne la connaissent pas. Mais que veulent-ils dire exactement ? Que ce n’est pas sérieux ? Que cela manque de rigueur ? Que les enfants n’apprennent rien ? Que les enseignants font de la garderie et de la démagogie ? Un peu tout cela à la fois, sans doute.

Est-ce que les enfants Montessori ou Freinet passent leur temps à jouer ?

Bien sûr que non. Il suffit d’entrer dans une classe Freinet pour voir des enfants concentrés sur ce qu’ils font, souvent en groupes, parfois seuls et sérieux à une table, parfois autour de l’enseignant.

Chez Montessori, il y a du matériel de toutes les couleurs, des perles, des cubes, des enfants par terre sur des tapis. Ils sont même souvent en chaussettes ! Ce qui donne l’illusion du jeu, c’est que le travail n’a pas toujours besoin de cahiers, de stylos, de doigts levés, et jamais besoin de notes. C’est aussi le fait que les enfants ont l’air captivés par ce qu’ils font et que l’enseignant n’est pas obligé de les rappeler au besoin de silence. On ne les contraint pas à rester immobiles. Mais ils sont toujours entrain d’apprendre, d’expérimenter, de s’entraîner, de s’entraider, de dialoguer, d’évaluer leur travail, de le programmer, de le commenter…

La vieille croyance du médicament amer

Il y a donc sous la critique du “trop ludique”, quelque chose d’irrationnel. L’apprentissage doit forcément être un peu ennuyeux et demander des efforts, sinon ce n’est pas un véritable apprentissage. Comme une pilule doit absolument être amère sinon ça ne peut pas être un médicament efficace. Or justement, la force de la pédagogie active, c’est de rendre les apprentissages si intéressants pour l’enfant qu’il ne se pose pas la question de savoir si c’est du travail ou du jeu. Il n’a pas non plus hâte d’abandonner le premier pour le second. Un peu comme un adulte passionné par son métier ne compte pas ses heures et continue à le faire quand il est en vacances.

Enfin, comme on ne donne pas de devoirs aux enfants le soir, en pédagogie active, et que donc, ils peuvent jouer, se défouler et se détendre, ils ne sont pas saturés pendant la journée.