L’après Montessori (ou Freinet)

L’angoisse du futur

J’entends et je lis assez souvent les mêmes questions angoissées au sujet de Montessori : « Oui mais… c’est très joli, pas de compétition… mais dans la vie, APRÈS, il y en a de la compétition… Seront-ils ARMÉS ? » « Et comment ça se passe, APRÈS, quand ils entrent au collège ?” Cela me donne envie de republier cet article, déjà paru à l’origine il y a 1 an et demi. D’une part ce serait vraiment dommage de priver les enfants de cette pédagogie sous prétexte que cela ne durera pas toute leur scolarité. D’autre part, les choses ne se passent heureusement pas comme les parents le craignent.

Photo Vanessa Toinet (Ecole Montessori Morvan)

Une légère incohérence

Je voudrais relever quelque chose de paradoxal. Si vraiment le monde scolaire et professionnel était cet univers impitoyable où il faudrait être ARMÉ pour survivre, serait-il donc plus astucieux d’y plonger tout de go les enfants dès l’âge de 2 ans que de les laisser d’abord acquérir autonomie, confiance en soi, sérénité dans le dialogue, capacité d’argumentation et d’écoute… ? Personnellement, je n’ai pas le sentiment que le monde où nous vivons, malgré tous ses défauts, soit si angoissant. Mais c’est peut-être parce que j’ai fait toute ma scolarité du primaire… dans une école Freinet !

Les faits prouvent le contraire

Malheureusement, les collèges Freinet ou Montessori sont encore une rareté en France. Il y a donc un moment où les enfants Montessori ou Freinet intègrent le système traditionnel. Il serait malhonnête de dire qu’il n’y a pas de choc : tout d’un coup l’obligation de rester assis pendant des heures, d’interrompre ce que l’on fait toutes les 55 minutes pour passer à autre chose. Tout d’un coup, des notes, des punitions, des récompenses. Tout d’un coup une myriade de professeurs différents que l’on a à peine l’occasion de connaître. Tout d’un coup une seule tranche d’âge dans la classe. Et surtout, l’impression d’être passif.

Mais très vite l’incroyable faculté d’adaptation, l’avance souvent importante prise dans tous les domaines, la grande autonomie et le fait de savoir organiser son travail font que ces enfants s’en sortent très bien, le plus souvent même très très bien ! Donc, pas d’angoisse !

2 réflexions au sujet de « L’après Montessori (ou Freinet) »

  1. Un de mes amies travaillant dans le secondaire est maintenant à la recherche d’une ecole Montessori pour sa fille après avoir eu une petite en 6eme venant d’une ecole primaire Montessori. Elle avait ete bleufé par la confiance, l’assurance et les capacités de cette petite!

    • Oui, Marion, c’est exactement ça ! Simplement parce que la pédagogie active ne se contente pas d’enseigner des contenus : elle aide l’enfant à construire sa personnalité et à devenir autonome et confiant.

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