Les chiens de lecture

Les chiens de lecture

Et si la relation enfant-animal nous aidait à repenser l’éducation ?

En Finlande, des associations ont mis en place des programmes de « chiens de lecture » dans les bibliothèques et les écoles afin d’aider les enfants fâchés avec les livres. Les enfants lisent à haute voix une histoire à un chien visiteur, spécialement éduqué.  En présence de l’animal, les enfants sont plus motivés, concentrés et manifestent lors de ces séances une meilleure aisance en lecture.

De la même manière que la pédagogie Montessori s’est développée au départ au service d’un public d’enfants « à besoins spécifiques » pour s’ouvrir à tous les enfants, les résultats positifs et connus du lien enfant-animal dans le domaine de la thérapie peuvent être réinvestis dans le vaste champ de l’éducation.

Des chiens de mathématiques ?

Si la présence animale a une efficacité prouvée pour améliorer les compétences de lecture, la question se pose alors quant aux bienfaits dans les autres domaines d’apprentissages : grammaire, mathématiques … L’état apaisé dans lequel sont les enfants en présence d’un animal, devrait leur permettre d’aborder d’autres matières académiques de manière plus sereine. C’est ce que nous avons pu observer dans notre école.

Bianca, « chienne montessorienne » comme aiment le préciser les enfants, joue un rôle important dans la vie de la classe. Les enfants apprennent, lisent, conjuguent, découvrent, explorent et expérimentent avec la chienne : elle est leur partenaire de découvertes. C’est une relation simple où les enfants et elles se disent mutuellement bonjour le matin et se côtoient avec beaucoup de respect tout au long de la journée. D’ailleurs une des règles de vie de classe énoncées et écrites par les enfants est de « respecter le sommeil du chien ».

Quand ils en ressentent le besoin, ils peuvent aller à son contact pour gagner en assurance, pour se conforter durant un travail, pour faire le plein d’énergie entre deux apprentissages, pour s’apaiser lors d’un temps calme ou avoir un interlocuteur lors de moments de lecture.

Le chien est un lien qui permet également aux enfants de faire un apprentissage quotidien et naturel du « vivre ensemble » : les enfants sont plus ouverts aux autres.

Offrir un cadre d’apprentissage sécurisant

De nos jours les écoliers croulent sous les devoirs, les notes, parfois la pression parentale ou plutôt celle d’une société toute entière. Le programme scolaire agit comme un rouleau compresseur sur une grande majorité d’enfants. Certaines consignes sont vécues comme des « pièges » par les enfants qui avancent insécurisés dans les apprentissages.

Dans une société obsédée par la performance et les évaluations au détriment le plus souvent de l’épanouissement et du bien-être des enfants, il serait grand temps de repenser ce qui les anime véritablement. Les pays scandinaves cités sans cesse en exemple devraient être pour nous une réelle source d’inspiration. Chez eux, il ne s’agit plus d’initiatives isolées mais de programmes éducatifs à l’échelle de tout un pays.

En présence d’animaux, les enfants sont moins intimidés et stressés. L’animal contrairement à l’adulte ne juge pas.

Nul doute que les animaux peuvent être une aide pour de plus en plus d’enfants et d’enseignants. L’interaction enfant-animal nous permet de mieux comprendre l’enfant. Les animaux peuvent aider les enseignants à pratiquer une pédagogie concrète, réelle, active et vivante loin des activités arides, stériles et formatées des manuels ou des polycopiés. Ils peuvent aider les enfants malheureux à l’école à retrouver le plaisir d’apprendre.

 

Par Vanessa Toinet, directrice de l’école Montessori du Morvan et auteure de livres sur la pédagogie Montessori : http://ecole-vivante.com/pedagogie-montessori.html.